THÉRAPEUTE spécialisé Jeunes Adultes (20-35 ans)
Thérapie Brève, TCC et Hypnose pour les 20-35 ans à Paris 11ème et en Visio

Restrictions sociales, angoisses et perte confiance en soi

Restaurants fermés, expériences relationnelles évitées 

Pendant le premier confinement, j’ai profité du temps disponible pour renouer des relations par téléphone avec de nombreux amis et connaissances.  Les relations sociales bien que “à distance” étaient fort nombreuses.  Dans la durée, j’y a trouvé une certaine fadeur, comme si ça ne construisait pas la relation, ne renforçait pas le lien.  Une amie me fit par la suite cette remarque judicieuse, que les échanges à distance, même en zoom convivial et fun, ne génèrent pas de souvenir.  Ce ne seraient donc pas de véritables expériences émotionnelles mais des relations quasiment 100% centrées sur l’échange d’information et la facilitation de transactions.

Cette constatation éclaire d’un autre jour l’impact du confinement et surtout de la fermeture prolongée des lieux de socialisation sur la mentalité des jeunes adultes en particulier.  En effet, les périodes de l’adolescence, de la vie étudiante et du démarrage de la vie active sont des périodes dans lesquelles les expériences émotionnelles sont fréquentes, et les traverser construit la confiance en soi et son identité.

Il semble qu’un cycle négatif se soit installé qui fonctionnerait à peu près de la manière suivante:

 

 

Prenons un exemple très simple: faire l’effort de socialisation d’aller vers un collègue inconnu lorsqu’on démarre dans son premier job, génère une expérience émotionnelle dans laquelle on traverse p.ex. une peur de rejet ou d’incapacité à aller vers l’autre ou à créer du lien. En télétravail, cette expérience devient une étape d’un processus, une sorte de transaction impersonnelle et ce n’est plus une expérience où l'on se confronte à une émotion. Si je n’ai pas vécu d’expérience pendant laquelle j’ai surmonté une certaine timidité, je n’ai donc pas créé cette compétence pour moi.  Ma confiance en ma capacité à oser aller vers l’autre avec une bonne probabilité de réussite est ainsi diminuée.   Ma confiance en moi étant une somme de “confiances” en mes différentes capacités techniques et relationnelles, ma confiance en moi se met à baisser imperceptiblement mais régulièrement.  

 

D’une certaine manière, le télétravail et la fermeture des restaurants a forcé l’évitement de ces situations relationnelles “à surmonter”.  L’évitement n’est donc plus une stratégie personnelle pour gérer une émotion mais une conséquence régulièrement répétée desdites restrictions  sanitaires.  

Moins d’expériences de “premières fois” pour les jeunes

La période de la jeunesse, l’adolescence, la vie étudiante, le début de la vie professionnelle sont des périodes intenses en termes de “premières fois” d’expériences amoureuses, professionnelles ou sociales.  Or ces premières fois et la manière de les traverser, les émotions qui leur sont associées construisent notre identité et notre confiance en nous.

Les premières fois sont diverses et très fréquentes dans la période 15-30 ans, pour en citer quelques unes (une liste quasi exhaustive serait très longue):

  • premier conflit entre collègues au travail

  • premier entretien d’embauche

  • première compétition sportive à enjeu

  • première prise de parole en public

  • premier “aller vers” une personne qui nous impressionne

  • première incompréhension inter culturelle avec un étranger

Toutes ces situations sont affectées par les mesures sanitaires:

  • soient purement supprimées (compétition sportive), 

  • soit vécues en visio réduisant l’impact émotionnel, 

  • soit supprimant la possibilité de régulation, p.ex. suite à un conflit avec un collègue, en reparler à la cantine.

Ces évitements forcés, appauvrissent les expériences émotionnelles qui construisent l’estime de soi.  Lentement, dans la durée (18 mois de restrictions sociales) elle peuvent mener à une forme d’épuisement, de dévalorisation de soi, de dépendance auprès de personnes qui rassurent, de perte de conscience de sa propre valeur et de crises d’angoisses.  Affronter les expériences de la vie, suite à une pause forcée, qui n’a pas construit la confiance en ses propres capacités, peut s’avérer difficile.  

L’approche stratégique systémique, se base justement sur le fait de faire vivre au patient des petites expériences émotionnelles correctrices qui peuvent l’aider à se remettre en mouvement.

La levée partielle des restrictions (pass sanitaire, retour partiel en présentiel au travail, dans l’enseignement offre un terrain favorable pour reprendre les expériences de vie, et sortir de cette pause forcée parfois incapacitante.

 


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