THÉRAPEUTE spécialisé Jeunes Adultes (20-35 ans)
Thérapie Brève, TCC et Hypnose pour les 20-35 ans à Paris 11ème et en Visio

Le double déséquilibre de la rencontre sentimentale hétéro


J’aime commencer à défricher un sujet par un peu de sociologie qui permette de mettre en perspective les problèmes vécus par les personnes au regard de changements dans la société.

Démarrons par un peu de statistiques sur le potentiel de matching pour des relations de couple. Ce n’est que de la statistique que j’ai remise en forme à partir d’une étude IFOP sur “les françaises face à la déconstruction masculine”. Comme toutes statistiques, ce sera forcément individuellement faux mais ça donne un cadre général. Cette vision est aussi imparfaite car elle fige la “déconstruction” sous forme d’un état alors que c’est un processus qui se joue dans les pratiques bien plus que dans les déclarations d’intention.

Le grand “mis-match”

déséquilibre relations hétéros

Il en ressort 2 déséquilibres significatifs

  • Déséquilibre n°1 : 56% des femmes cherchent un homme plutôt déconstruit à puiser dans un vivier de 35% d’hommes qui se déclarent déconstruits qui lui, aurait statistiquement plus d’opportunités. Ces femmes se retrouvent de fait qualifiées d’exigeantes car elles risquent de faire l’expérience de la non adéquation des partenaires masculins potentiels à certaines attentes.
  • Déséquilibre n°2 : l’homme non-déconstruit (55% des hommes) aurait statistiquement moins d’opportunités, en gros 2 hommes non déconstruits pour 1 femme acceptant/souhaitant un partenaire non déconstruit (24% des femmes).

Le graphique suivant illustre ces 2 grands déséquilibres statistiques entre offre relationnelle masculine et l’acceptabilité féminine.

Cette démographie sentimentale génère organiquement des situations de “mismatch” :

  • un homme peu déconstruit qui rencontre une femme avec des attentes plus fortes sur ce volet, et qui statistiquement fera face à des rejets
  • une femme qui cherche un partenaire plutot déconstruit et qui fait des rencontres non satsifaisantes de ce point de vue là, et qui peut se sentir méfiante et résignée. ter que cette statistique est pour toutes les tranches d'âges mais qu’en milieu urbain, bac+5, moins de 35 ans l’écart est encore plus marqué. Par exemple, la moitié des femmes recherchent de préférence un homme déconstruit et c’est un critère déterminant pour 28% des 25-34 ans. Si on ajoute à cet élément que du côté des hommes sur 56% des jeunes hommes qui se considèrent déconstruits, 12% ne le sont pas vraiment si on vérifie par rapport à une liste de questions précises.

Un autre facteur qui n’est pas réellement en rapport avec la déconstruction / l’orientation sexuelle est que la pression “vie de couple” du côté des femmes baisse significativement.

  • la moitié des femmes considèrent qu’elle n’ont pas besoin de vivre en couple pour être heureuses
  • les deux tiers ne considèrent pas la solitude comme difficile à vivre

Ces données sociologiques orientent vers de nombreuses questions psychologiques et comportementales.

Du côté des jeunes hommes hétéro → Quête de posture sur sa masculinité

Je vais m’attarder ici sur la situation des jeunes hommes cis et de leur rapport à la masculinité et aux relations avec les femmes, sujet que j’ai le plus souvent rencontré avec les patients. J’aborde ce sujet de la masculinité avec un peu d’appréhension, car en parler expose à des faux pas sur les sujets de l’identité sexuelle, de la terminologie associée, par rapport a mes possibles biais d’homme cis.

Risque, peur et retrait

L’entrée en relation présente un risque de rejet mais il semble présenter aujourd’hui en plus un risque de conflit avec la personne approchée mais aussi d’accusation et de jugement moral de la part des pairs. L’homme perçoit une asymétrie d’exposition au risque de rejet dans ce nouveau contexte.

Cette peur masculine ne saurait être mise sur le même plan que les violences subies par les femmes mais elle mérite néanmoins d’être travaillée cliniquement pour éviter qu’elle ne produise retrait et ressentiment.

Chez certains hommes apparaît une peur renforcée de faire le premier pas (rejet) parfois combiné à une peur d’être assimilé à un agresseur en cas de malentendu (conflit). Les comportements observés pour gérer cette peur sont notamment les suivants:

  • une vigilance comportementale renforcée qui met en retrait, inhibe l’entrée en relation
  • une posture d’attente d’un signal explicite qui est lui rarement formulé. La difficulté à lire les signaux vient aussi peut être d’une confusion plus forte entre les signaux d’amitié et ceux d’amour.

Les difficultés réelles apparaissent quand des situations perdurent générant par exemple

  • un isolement ou une fragilité liés à l’absence de relations sentimentales à 25–30 ans
  • un manque d’expériences fondatrices (désir, attachement, rupture) qui peut amener à magnifier la perception du risque associé à des relations sentimentales
  • une fragilisation progressive de l’ego, perte de confiance, parfois touchant l’opinion que l’homme a sur son corps, sur son intelligence
  • Certains hommes font des choix p.ex. acceptation de la non-exclusivité, prise en charge contraceptive … qui peuvent relever à la fois d’une adaptation stratégique et parfois d’un renoncement non conscientisé

L’enjeu pour les hommes concernés est donc de surmonter leur peur en sortant d’un dilemme domination / effacement, et sans enfreindre le consentement.

Pour celà je propose 2 exercices simples :

  • faire l’expérience avec des prises d'initiatives minimales que la prise d’initiative ne produit pas automatiquement une sanction p.Ex. en prolongeant une conversation ou en exprimant une préférence. Observer la réaction factuelle de l’autre.
  • faire l’expérience qu’un refus est un signal dans l’interaction et pas un jugement identitaire. Pour celà vous pouvez observer les refus/rejets non dramatiques, présents dans le quotidien (relations sociales, milieu professionnel), chez les autres et ensuite identifier ce qui n’a pas été remis en cause dans leur propre identité suite à ces refus. Ceci permettra aussi de dissocier le rejet relationnel de l’accusation morale.

Que les hommes doivent également apprendre à communiquer explicitement sur le consentement dans un échange ou une relation est une évidence. Un apprentissage de ces modalités de communication constituera aussi une manière saine de réduire le risque et de surmonter ses peurs. Ci-après un lien très complet avec un guide sur la communication autour du consentement en anglais, qui vient d’Australie https://www.consent.gov.au/conversation-guides

Du côté des Jeunes femmes hétéro, dans le contexte d’un décalage entre les attentes égalitaires des femmes et les comportements relationnels réels chez les hommes, on observe 2 grandes évolutions

1) Désenchantement amoureux et stratégies de défense contre les expériences négatives

Les femmes face à des comportements perçus comme irrespectueux ou non alignés avec des valeurs féministes peuvent développer une sorte de cynisme relationnel. Elles désinvestissent de la recherche de partenaire en mode “couple” et adoptent des stratégies pour se protéger émotionnellement en privilégiant par exemple d’autres formes de sociabilité - amitiés féminines p.ex. Il peut se produire un effet auto-validant de la croyance → plus on réduit ses attentes relationelles et se désinvestit affectivement, inconsciemment pour se protéger, plus les relations avec les hommes hétéro resteront en surface et donc insatisfaisantes, renforçant encore le cynisme relationnel.

L’exercice paradoxal proposé est ici pendant plusieurs jours, assumer pleinement et de manière volontairement aggravée une posture cynique : exprimer à soi même chaque interaction comme “vouée à l’échec” et noter noter ce que cette posture protège… et ce qu’elle empêche.

2) Expérimentation de configuration relationnelles alternatives

Des enquêtes sociologiques montrent que certaines jeunes femmes reconçoivent ou renégocient les rapports amoureux classiques, explorant des alternatives au modèle traditionnel du couple. Certaines veulent une relation romantique et monogame, d’autres une alliance affective combinée avec de l’autonomie, ou d’autres encore repoussent la priorité donnée à l’engagement exclusif. Cette diversification est une richesse car elle augmente les possibles, mais peut générer une désorientation sur le modèle affectif qu’on souhaite qui entraîne parfois une fatigue décisionnelle.

L’exercice proposé va chercher a dissocier le choix relationnel et son identité féministe et de se poser la question virtuellemet lors de nouvelles relations : « Si je n’avais rien à prouver politiquement ou moralement, que choisirais-je maintenant ? » et de noter la réponse sans y adhérer.

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10583118/


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